Calida Fornax

La moto de Chris est réparée ! Son portefeuille est allégé mais le moral requinqué après une semaine à parcourir les rues de San Francisco. L’envie de reprendre la route en direction des grands espaces devient même pressante !

Nous ne le réalisons pas encore mais nous allons découvrir en Californie des contrastes géographiques qui vont nous ébouriffer, nous élever, nous ahurir, nous mettre plus bas que mer, nous rôtir. De la ville aux ranchs, de l’océan à la montagne, de la forêt au désert, du désert à la fournaise.

Nous commençons par longer la côte pacifique vers le sud, l’occasion d’une petite halte avant de rentrer dans les terres et d’affronter la chaleur qui y règne. La plage est la base d’une escadrille de pélicans. Alors bon, sans avoir la noblesse d’un grand rapace, le pélican n’en est pas moins fier. Voire suffisant. A sa décharge, il faut reconnaître qu’il démontre une parfaite maîtrise technique, notamment dans le domaine du vol en formation au ras des crêtes des vagues.

Cela doit inspirer Chris qui se verrait bien survoler les rouleaux du Pacifique…

Mais dans l’immédiat, cela restera du domaine de l’imaginaire.

On quitte le Pacifique pour rentrer à nouveau dans les terres et rapidement, dès le premier massif montagneux franchi, l’influence océanique ne semble qu’un lointain souvenir.



Un campement sur les rives d’un lac perdu au milieu de la pampa californienne, un ciel clair et dégagé, et la voie lactée nous fait rêver !

Malgré l’absence de cliché exploitable, nous devons souligner que la magie de cette soirée s’est révélée dans toute sa splendeur avec la visite inopinée de deux bobcats (le lynx de la région) en tournée nocturne sur les bords du lacs ! Moment de grâce, nous ne saurions dire qui observait qui dans la nuit, deux baroudeurs à lampe frontale face à deux superbes félins à vision nocturne… Mais rien qu’au niveau de l’équipement, les baroudeurs étaient dépassés.

Le lendemain nous mettons le cap sur le non moins superbe Yosemite National Park.

Yosemite National Park



Comment décrire le Yosemite ? Imaginez un bloc de granite, le plus gros possible. Non, vous plaisantez, plus gros que ça ! Au moins la taille d’une montagne. Vous y êtes ? Et bien le Yosemite, c’est plus grand que ça ! Des montagnes de granite avec parfois des arbres dessus, des lacs dedans, et entre deux des grandes vallées taillées par des glaciers joaillers et des chutes d’eau spectaculaires.








El Capitan

El Capitan, de plus près

Half Dome

La vallée du Yosemite et le Half Dome depuis Glacier Point

Intéressant spot de Base Jump



En quittant le Yosemite, nous redescendons dans une vallée aride avant de remonter dans les fraîcheurs alpines du Sequoia National Park.

Une oasis ? Non, le miracle de l’irrigation (qui consomme beaucoup d’eau).

A l’arrivée dans le Sequoia National Park, on passe à l’échelle des géants.


Heureusement, la faune n’est pas à l’échelle des arbres, cela doit être déplaisant de se retrouver à proximité d’un tamia de 200kg en quête d’un casse-croûte.

Au milieu au second plan, se dresse noblement le Général Sherman. Qui ça ?


Le Général Sherman (qui ci-dessous ne veut plus rentrer dans le cadre) : le plus gros arbre au monde.
Alors non, ce n’est pas le plus grand, malgré ses 84 mètres de hauteur, ni le plus large, malgré ses 31 mètres de circonférence (et 11 mètres de diamètre). Mais c’est le plus gros en volume avec ses quelques 1 487 mètres cubes de bois pour le seul tronc !
Dans les critères retenus pour mesurer le volume d’un séquoia, on ne compte pas les branches, c’est tricher. Certaines représenteraient pourtant à elles seules de très beaux arbres avec 2 mètres de diamètre et quelques dizaines de mètres de longueur…

Le Général Sherman de plus près

Le voisinage de ces géants du monde végétal est réellement impressionnant. Et réaliser qu’on se tient face à un être vivant âgé d’au moins 2 200 ans est proprement ahurissant. Et impose le plus profond respect.
Nous nous sommes tenus face à un être vivant de plus de 2 200 ans ! Pour se donner une idée, prenons quelques dates signifiantes dans l’histoire de l’humanité depuis que ce seigneur de la forêt est né, quelques 200 ans avant Jésus-Christ… Ah, attendez, non, il semble que tout soit dit.
Et le Général Sherman est loin d’être le plus vieux, certains spécimens affichent plus de 3 000 printemps au compteur…

Pour atteindre un âge aussi avancé, ces géants ont développé quelques trucs, et ce n’est par exemple pas un feu de forêt qui va faire mordre la poussière à un grand séquoia. Au contraire, il est pourvu d’une écorce qui résiste bien au feu et, une fois le ménage fait autour de lui, il bénéficie de plus de nutriments et sa croissance est accélérée pendant quelques années ! Quant à ses blessures, le temps les guérira.

Une belle balafre en cours de cicatrisation



On quitte la communauté des géants sylvestres avec le sentiment d’avoir été admis un court, très court instant, dans un autre monde où le temps prend une autre dimension, la vie d’autres proportions.
Mais ce monde, c’est notre monde ! Quelle chance.

Nous laissons le Sequoia National Park et contournons par le sud le massif qui l’héberge.

Une oasis (artificielle, créée par un barrage) au coeur d’une vallée aride

Un plateau aride, sans oasis



En poursuivant notre route à l’est, le climat devient de plus en plus chaud et de plus en plus aride. Le mercure indique 35-36°C, jusqu’à 40°C par endroit. Les arbres laissent peu à peu la place aux arbustes, qui eux-mêmes finissent par céder leur place aux cactus.
Quant à la faune… Au contraire de deux motards fêlés qui roulent en plein cagnard, elle attend certainement la fin de journée pour profiter de températures plus clémentes.



C’est confirmé, nous sommes dans le désert. Seules quelques touffes de végétation basse résistent çà et là. Mais derrière ces montagnes, c’est la fournaise infernale qui nous attend, nous mettons le cap sur la Death Valley !

Sur les hauteurs du rempart ouest de la Death Valley

La Death Valley, c’est une cuvette entourée de montagnes, dans la région du désert de Mojave. C’est le désert dans le désert.

Donc voilà, nous entrons dans ce qu’il convient d’appeler le plus grand four à convection du monde. Le thermomètre frôle les 49°C, et le vent nous souffle des bourrasques brûlantes.






Planète Mars ? Là, il fait chaud.

La route trans-marsienne. On n’a jamais eu plus chaud de notre vie.

La fournaise, la cuvette de l’enfer : Badwater, 85 mètres sous le niveau de la mer. En Amérique du Nord, on ne peut pas tomber plus bas.

Des mares saumâtres sont présentes de temps à autre, sinon c’est seulement une croûte de sel

Après une bonne suée, nous ne sommes pas mécontents de nous échapper de la vallée de la mort.


Mais un séjour en enfer ne serait pas complet sans passer par la capitale du vice. Prochaine étape : Las Vegas !

Bookmarquez le permalien.

10 Comments

  1. Bonjour,

    On ne se connaît pas si ce n’est chez Dominique où j’ai croisé Christophe un jour de visite/soins shiatsu toujours fantastique.
    Elle m’avait donné votre petite carte (on se connaît depuis 10 ans !) et je viens de la retrouver par hasard: je visite votre site avec grand plaisir depuis plus d’1 heure maintenant.
    Quelle belle et courageuse idée que votre voyage à rythme humain et bravo pour les photos et textes très chouettes qui font rêver d’Ailleurs.
    Très belle route dans l’immensité superbe du continent américain.

    Sandrine.

  2. Cette Calida fornax est vraiment variée de San Francisco a Déath Valley en croissant des êtres de 2000 ans. On sent dans l’article et les photos qu’il était temps pour vous de retrouver les grands espaces. Attention à ne pas attraper la fièvre du jeu à Vegas .De la démesure naturelle à la démesure imaginaire : quel contraste.

  3. 49°C, Waou ! C’est à cette température que je sèche et j’imbibe mes babas. Des glaçons-pierre pour sauver la marchandise ?! ;))
    Bises à vous 2 et merci pour vos photos et commentaires. Extra!

    • Salut Pit !
      On a suivi quasiment le même processus que pour les babas, on s’est bien desséché mais on ne s’est ré-imbibé que plus tard, in extremis pour sauver la marchandise :)
      La bise et à bientôt pour un petit baba maison peut-être !

  4. Très chouette ce blog. Et jolie petite rencontre au K7 B&B :-) Qu’avez-vous pensé de Las Vegas ? Nous, on était finalement assez contents de repartir ce matin et de découvrir Zion : vous allez aimer je pense. Demain, on part pour Bryce Canyon.
    Bonne route à tous les deux,
    ***

    • Salut Marion,
      Contents que le blog te plaise, et heureux d’avoir passer cette petite soirée en votre compagnie.
      Las Vegas est une ville impressionnante à bien des égards, mais n’ayant pas vraiment ni l’âme de joueurs ni la volonté de passer trop de temps en ville, nous n’étions pas mécontents non plus de retrouver les grands espaces naturels avec le grand canyon, grandiose !
      Et il nous tarde maintenant de découvrir Zion, puis Bryce canyon.
      Bon voyage à vous !

  5. Kimito le roi de la nature

    Un tamia de 200kg??? Savind a pris du poids!!!

    Dites les zz tops, vous allez passer en louisiane?

    • Il faut imaginer un Savind sous régime hyper protéiné et ultra bodybuildé… Pas évident :)
      Non on ne passe malheureusement pas en Lousiane, on ne peut pas tout faire. Pourquoi, tu as un plan dans le bayou ?
      P.S. : je te suspecte d’avoir vraiment eu cette adresse email chez caramail !

  6. Magnifiqueeeeeeee !!! et l’humain se croit le maître du monde ! juste des petites fourmis qui s’agitent quelques secondes sur terre ! En attendant très bonne fête à la fourmi voyageuse Chris et bisouss à tous les deux

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