C’est pas le Pérou!

On vous a laissé où déjà ? Ah oui, ça devait être vers le « Paf!, Schklong!, Flopflopflop! » qui marquait notre arrivée à Cusco. Ah, on a rit quand même. Hé Manu, t’rappelles ?
Enfin c’est sympa de se marrer, mais après il faut réparer ce qu’on a cassé. Nous voilà donc à Cusco pour une journée mécano. Vous vous souvenez, Chris crève toutes les 6 heures et sa roue est aussi voilée qu’une afghane sous le joug des talibans. Il faut faire quelque chose.
Mais dévoile moi tout ça te dis-je, que j’apprécie ta démarche naturelle et chaloupée ! Ouais, c’est macho un mécano (un baroudeur aussi, parfois).
Cela commence donc par notre arrivée tardive sur la Plaza de Armas de Cusco.
Attention, technique de baroudeur : tu déboules dans une ville sans aucun plan de où tu dors ni rien ? Facile, tu cherches la place centrale, Plaza de Armas en général. Là tu t’arrêtes. Et tu vois ce qui se présente à toi. Et paf ! Deux motards passent par là. Bonjour, ça va ? Tu fais quoi toi ? Tu cherches un hôtel ? Regardes, tu vas là-bas, tu rentres ta moto dans le patio et todo tranquilo, c’est pas beau ça ? Quoi ? T’as un problème à ta roue ? Tiens, prends le numéro d’Ivan, c’est mon poto mécano, tu l’appelles et il te règle tout ça. Wahou, merci poto !
Rendez-vous pris avec Ivan, Chris le retrouve le lendemain matin. Direction un petit atelier moto, sur le trottoir devant un petit atelier moto en réalité, où la roue est démontée, le pneu déjanté, et la chambre à air extraite. « Tiens, regarde ce qui traine dans ta roue, c’est à toi ça ? » dit Ivan en tendant une agrafe à Chris. Intéressant. C’est sûr, laisser trainer une agrafe dans sa roue n’a jamais aidé à garder une chambre à air en bon état. Non mais ça sort d’où ça, sans déconner ? Enfin bon, c’est pas, ou plus, le problème. Alors, on la redresse cette roue ? Claro, Ivan cale alors la roue sur un tasseau de bois, en empoigne un autre, ainsi qu’une masse, et commence à frapper énergiquement à droite, à gauche, à l’intérieur, à l’extérieur de la jante. C’est pas d’une précision chirurgicale, mais la jante reprend peu à peu forme. Cool !
La mauvaise nouvelle, c’est qu’en essayant de démonter le pneu nous-même deux jours auparavant, nous avons, comme des bourrins que nous sommes, abîmé le pneu. Ah. Et nous voilà avec Ivan partis à la recherche d’un nouveau pneu à la bonne dimension dans une ville, un pays, où les plus grosses motos cubent 200 centimètres cubes et sont montées avec des pneus de mobylette. Pas gagné.
Mais il existe une autre solution, Manu a loué sa moto à un bonhomme qui tient boutique non loin de notre hôtel. Il loue des gros cubes, il doit bien trouver des pneus pour ses motos quelque part le monsieur. C’est là qu’intervient Alejandro de Pérou Moto Tours.
Manu peut vous le confirmer, c’est pas donné de louer un gros cube au Pérou, pas donné du tout. En revanche Alejandro est super sympa, connaît plein de monde, et sait te dépatouiller un motard d’un sacré bordel.
En gros, il dit à Chris : arrête de laisser ta jante se faire tabassée sur le coin d’un trottoir. Tu vas voir mon pote le magicien de la jante à rayons et il te redresse ça dans l’heure. Maintenant, il est presque 17h, mais si j’appelle mon pote à Lima tout de suite, tu as ton nouveau pneu à la bonne dimension qui arrive avec l’avion de demain matin. Tu dis quoi ? Tu dis merci.
Le lendemain matin, c’est donc avec une jante redressée, merci à Ivan et au magicien qui ont conjugué leurs efforts, et un pneu flambant neuf que la moto de Chris est prête à prendre la route en direction du Machu Picchu !

Cusco




Notre hôtel « biker friendly » à Cusco

Il n’y a pas à dire, une moto ça roule mieux avec une roue droite et un pneu bien monté. Nous profitons donc à loisir d’une belle portion de piste en terre, avec un peu de boue de temps à autres histoire de rire un peu, avant de passer un col qui nous emmène à 4 400 mètres d’altitude, sous la pluie et le froid.

En direction de Santa Teresa


En redescendant, la vue se dégage enfin et nous offre un panorama grandiose.

Nous continuons la descente, jalonnée de passages de gués. Dans cette partie du monde, on ne construit pas un pont pour chaque torrent qui dévale la montagne la première pluie venue. Trop cher mon frère. Et puis à quoi ça sert ? Au lieu de ça, on bétonne un creux dans la route pour laisser libre cours aux eaux de pluie. Nous passons donc quelques-uns de ces gués avec joie et allégresse, éclaboussant joyeusement les alentours à chaque passage. Tant et si bien, que Tibo, poussant le bouchon un peu plus loin, passe à chaque fois un plus vite. Mais sur un gué un peu plus profond que les autres, à une vitesse un peu plus élevée que sur les autres, il part en aquaplaning, tire tout droit, débouche sur un virage et part en glissade sur le côté boueux de la route.
Manu et Chris, concentrés sur leur propre passage de gué, relèvent la tête à la sortie pour voir Tibo, arrivé assis et dépité dans le fossé en fin de glissade, sa moto plantée tête en bas dans le fossé. Nom de Zeus !
Tibo va bien, il a un peu râpé ses gants et son blouson. Et son genou. Et la moto ? Elle est planté tête en bas dans un fossé en béton… Nous la tirons de ce mauvais pas et commençons à analyser les dégâts. Tibo a une bonne étoile, sa moto aussi. Elle est quasi intacte ! Sauf un clignotant bien sûr, mais ce n’est pas cher payé. Nous reprenons donc la route, redoublons de vigilance, et nous engageons sur une piste magnifique qui nous entraîne dans un canyon de toute beauté. On va y arriver !



Et nous rejoignons finalement en fin de journée le pueblo de Santa Teresa, non loin du Machu Picchu, ou nous trouvons un hôtel qui accueille nos motos dans le salon.

Le lendemain matin, direction Machu Picchu ! Nous prenons un taxi local qui nous amène jusqu’à la station de train Hydroelectrica. De là, l’aspirateur à fric de la machine touristique Machu Picchu se met en marche. Nous nous délestons de beaucoup trop de dollars pour 30 minutes de train pour arriver à Aguas Calientes. Puis enchainons avec quelques dollars de plus et un bus qui nous dépose devant l’entrée du site classé patrimoine mondial de l’humanité.


Pérou rail style



Nous y voilà, el Machu Picchu !



Tout le monde nous a parlé du Huayna Picchu, la montagne qui surplombe la capitale Inca, avec en prime son temple au sommet. Sauf que tout le monde en parle, et tout le monde veut y monter sur ce Huayna Picchu. Nous nous entendons ainsi dire que les places sont limitées, et les prochaines disponibilités pas avant le mois prochain. Bon, ok, on n’a pas un mois devant nous. Une autre alternative est de gravir la montagne Machu Picchu. Et c’est moins cher. Alors banco, nous on y va sur la montagne Machu Picchu ! Passons sur l’oubli de Tibo de garder son passeport avec lui et les négociations multiples que cela nous a occasionné. Nous voici, face à la montagne Machu Picchu, et ses innombrables marches. Quelques dizaines de minutes plus tard, les muscles et les poumons « réchauffés », nous surplombons la capitale Inca de 600 mètres. D’ici, même le célèbre Huayna Picchu paraît petit ! Impressionnant, irraisonnable, insensé. Ils étaient fous ces incas !

Du haut de la montagne Machu Picchu



C’est confirmé, ils ont utilisé le profil sacré del Manou comme modèle pour tailler le Huayna Picchu

Moment philosophie devant le Machu Picchu :

« Non, franchement, ils ont dû en chier pour construire ça »

« Ouais. T’imagine le prêtre Inca qui a dit au chef Inca et à ses lieutenants : bon, les gars, j’ai tout bien calculé les étoiles et l’esprit de nos ancêtres, et j’ai trouvé un lieu qui colle pas mal pour construire notre capitale religioso-politique. C’est là.
Et le chef : con de prêtre, tu te rends compte du bordel que ça représente ? Tu veux quand même pas nous faire construire la capitale là-haut ? C’est bien beau de regarder les étoiles et tout, mais c’est pas toi qui t’y colle au boulot après !
- Te casse pas chef, c’est là j’te dis…»

« Ouais, ils devaient avoir la foi les mecs. »


Le Machu Picchu, de plus près










Les marmottes masquées, gardiennes du Machu Picchu.
Vous aussi vous voyez clairement ce que leur regard signifie : « J’t’ai à l’oeil touriste ! T’y respectes pas les incas, j’t’y déchire corps et âme en un souffle, que tu l’auras même pas vu venir, petit scarabée ignare. »
Heu… oui madame.


En redescendant du Machu Pich’, et après avoir dépensé largement assez de dollars pour une journée, nous décidons de continuer à faire marcher nos jambes quelques kilomètres de plus pour rejoindre la station de train d’Hydroelectrica, non sans pause déjeuner à Aguas Calientes.

Aguas Calientes


C’est à moi que tu parles ?

En suivant les rails jusqu’à la station Hydroelectrica



Arrivés à la station Hydroelectrica, pas mal de kilomètres dans les guiboles, la journée s’achève par un trajet en collectivo qui nous ramène à Santa Teresa. Un bon repas, une bonne bière, et le lit nous accueille de ses grands bras chaleureux.
Le lendemain nous remontons sur les motos pour rentrer sur Cusco. Mais surprise, c’est au tour du pneu arrière de la moto de Tibo d’être à plat !
C’est une énorme agrafe à bois que nous retrouvons plantée dans le pneu avec une double crevaison en conséquence. Les pneus de Tibo sont sans chambre. Deux mèches bien implantées plus tard et nous sommes prêts à reprendre la route. Ok, ça va, mais elle s’arrête bientôt la série noire ?

Les toits de Santa Teresa

En repartant de Santa Teresa : baroude style

Petit stop sur la route qui nous ramène à Cusco pour visiter les Salineras





Rentrés à Cusco, nous nous remettons de nos émotions et passons une bonne nuit réparatrice. Le lendemain, il est encore trop tôt pour que Manu rende sa moto de location. Une dernière petite balade s’impose ! Malgré quelques légères courbatures, nous parvenons à remonter sur nos montures pour une virée dans l’altiplano péruvien.

Petit stop sur la route, pour la vue, pour l’ambiance, pour le kif. (Elles sont belles nos motos ? Ouais, et puis il y a les montagnes aussi !)










Petit stop sur la route, pour la vue, pour l’ambiance, pour le kif. Bis repetita.

Campagne autour du pueblo de Maras : ça cultive dur, même à plus de 3 600 mètres

Maras

De retour en El Cusco

En voilà de gros cailloux

Et voilà, les meilleures choses ont une fin, et les 18 jours de Manu en notre compagnie s’achèvent. La moto rendue, nous raccompagnons Manu à l’aéroport pour des adieux déchirants. Heu non, les adieux déchirants étaient pour la moto à gros « potato » de Manu. Nous on se revoit bientôt.
Hé Manu, on en a vu des choses ! Et tu croyais avoir tout vu à m’ment donné ? Mais laisse, t’as pas tout vu encore. Nous non plus.
En attendant, la big baroude se retrouve en configuration d’origine, à deux, et encore pas mal de route, de découvertes et de bonheur devant nous !

Marché de Noël de Cusco











Manu reparti, nous avons passé un Noël assez dépaysant, loin de nos familles respectives, entre marché de Noël bien typique et pub rempli de touristes devant leur « bière de Noël ». Pour tout dire, nous nous sommes sentis un peu décalés devant ce Noël atypique. Comment fêtent-ils Noël les péruviens ? Et ces touristes ?
Mais les saisons et les temps forts de l’année sont différents en baroude. Les saisons varient plus avec les pays que les mois de l’année, et les temps forts sont quasi quotidiens ! Alors comment marquer le jour de Noël plus qu’un autre jour quand c’est Noël tous les jours ? Ah… ça doit être ça la magie de la baroude !

Bookmarquez le permalien.

8 Comments

  1. salut Thibault,
    je te souhaite une bonne et heureuse année 2015 mais comme je peux le lire tu l’as très bien démarrée. Tu vis quelque chose de merveileux et c’est vraiment sympa de nous le faire partager. Au plaisir de te suivre au gré de ton voyage. Bien à toi. Philippe

  2. Nico Julie et Agathe

    Salut les baroudeurs,

    Nous nous sommes croisés un instant à YOSEMITE PARK en aout dernier. Depuis nous suivons vos aventures avec grand plaisir.

    Merci de nous faire partager ça, profitez en soyez prudents, ca fait rêver…

    Agathe Julie et Nicolas

  3. Bonne année 2015 les baroudeurs ;-)
    Continuez de nous faire rêver…
    Fjm

  4. Belles les motos elles sont et belles les photos aussi
    L’ année se termine mais pas le voyage
    Bonne route bikers

  5. Et une bonne année à venir.

  6. Joyeux Noël les gars, merci pour le voyage à vos côtés ;)
    Des bises,
    Sab & Greg

  7. martine BULOT Patrick DUGENNE

    Joyeux Noêl les garçons à l’autre bout du monde mais comme vous dites avec vous c’est Noêl tous les jours !!!!! Bisousss

  8. Mais il veut me faire chialer ce type !!

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