Dernier épisode en terre Maya

Au Yucatan, nous avons goûté un rythme assez calme, et nous avons appris à l’apprécier. La frontière du Belize passée, le stress ne nous a pas rattrapé. Mais alors pas du tout. En passant au Belize, on change néanmoins d’atmosphère, et on s’en rend compte dès la frontière. Certains visages témoignent d’un métissage issu des caraïbes, on entend parler principalement anglais, et les personnes croisées sont incroyablement avenantes et souriantes. Les officiels semblent plus détendus que leurs homologues mexicains, et on les comprend. Les problématiques de narco-trafiquants sont côté mexicain. Une douce nonchalance semble donc régner en ces lieux… et nous ne sommes qu’à la frontière !

Entrer au Belize, c’est pénétrer la seule enclave anglophone d’Amérique Centrale. Membre du Commonwealth, le pays offre une culture caraïbe métissée, où l’anglais est langue officielle, et Queen Elizabeth II le chef d’état. Mais on y parle plus le créole anglais (kriol), l’espagnol et divers dialectes mayas que la langue de Shakespeare, et la reine paraît bien loin de ce petit bout de paradis en bord de mer des caraïbes. Cela étant, on l’aime bien la reine ici, depuis qu’elle a mis fin, il y a quelques années, aux prétentions territoriales du voisin guatémaltèque en un simple coup de fil. Trop forte Elizabeth II !

Quoiqu’il en soit, nous laissons la reine à son royaume, et les bords de mer onéreux aux touristes plus fortunés, pour nous enfoncer dans les terres de ce pays qui, en moins de deux heures, et la frontière tout juste passée, nous a déjà charmé.

Lors de notre dernière nuit au Mexique dans une auberge de jeunesse, nous avons remarqué sur un coin du bureau de l’accueil une plaquette présentant une autre auberge, au Belize celle-là, non loin de la frontière avec le Guatemala et nichée au sein d’une jungle luxuriante. Voilà qui semble être sur notre route et offrir tout le confort dont nous avons besoin, soit un lit et un endroit où garer nos motos, le tout dans un cadre idyllique. Lower Dover Jungle Lodge, nous voilà !

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas été déçu.

C’est que le tableau a de quoi faire rêver. Une propriété de 40 hectares, dont une bonne partie de jungle, quelques cabanes pour les voyageurs de passage et des ruines mayas sous un épais manteau de végétation, voilà un aperçu du lieu.

L’administration d’un tel domaine nécessitant quelques services spécifiques, il faut ajouter à cela une basse-cour bien fournie en poules, oies, canards, dindes et autres volailles, dont la fonction principale, outre fournir un repas nourrissant à l’occasion, est de tenir éloignés les serpents trop aventureux. Les fonctions d’alarme, équipe d’intervention, garde du corps, compagnons de balade et de jeux sont assurées par une meute de chiens composée de trois bergers allemands joueurs, une Rottweiler câline, une Rhodesian Ridgeback méfiante et une mamie bâtarde du Belize.

Le tout est orchestré par l’affable Justin, américain dont la famille a élu domicile au Belize depuis de nombreuses années. En plus d’être accueillant et chaleureux, Justin en connaît un bon rayon sur le Belize, sa nature, ses sites historiques et ses habitants. Par-dessus le marché, et afin d’accompagner au mieux les moments de convivialité, il élabore sur place un vin d’Hibiscus ! Il faut imaginer une sorte de rosé très, très fruité. Breuvage qui se marie parfaitement bien avec l’environnement local.

On en profite pour dire un grand merci à Justin pour son accueil et les moments partagés. A bientôt peut-être en France Justin !

Lower Dover Jungle Lodge

Justin et la meute

Non seulement Lower Dover Jungle Lodge est-il un coin charmant invitant à la détente et au ressourcement au milieu de la nature, mais il se trouve en plus à proximité de sites qui valent le détour. Bon c’est vrai, vue la taille du pays, on n’est jamais très loin d’un endroit sympa à visiter. Pour nous ce sera une plongée au sens propre comme au figuré dans les anciens rites mayas avec la visite de la grotte Actun Tunichil Muknal. La visite consiste à suivre une rivière souterraine, les pieds, voire la tête dans l’eau, pour découvrir les restes de cérémonies mayas datant des années 800. Il y a quelques chose de bouleversant dans la découverte d’un aussi vieux lieu de culte sous-terrain, jonché de poteries parfois intactes et de divers restes humains sacrificiels, dont un impressionnant squelette complet « cristallisé » par les formations calcaires. Malheureusement, pas de photo ! Les appareils ont été interdits après que de trop nombreux touristes aient endommagé les lieux, les poteries, pour prendre une photo, jusqu’à briser un crâne humain en faisant tomber un appareil… Désolant.

Il nous faut bien un plongeon dans les eaux fraîches d’un blue (green ?) hole pour nous éclaircir les idées et passer outre le comportement irrespectueux de certains visiteurs.

Ces quelques jours au royaume de Justin nous ont bien ressourcé, et nous sommes frais et dispo, quoique humides, saison des pluies oblige, pour poursuivre notre périple au Guatemala. Une nouvelle frontière passée et nous retrouvons l’univers hispanophone. Quelques heures de petites routes sinueuses au milieu de collines couvertes de forêt tropicale nous conduisent jusqu’à l’Isla de Flores, presqu’île sur le lac de Petén Itza non loin de la célèbre cité maya de Ti’Kal.
Le site de Ti’Kal constitue une visite immanquable qui associe d’impressionnants vestiges mayas à un splendide environnement, hébergeant une faune exotique abondante. Au programme, temples, jungle, toucans, coatis, tarentules, singes-araignées…

Le majestueux Ceiba, arbre sacré des Mayas

Moi j’ai une copine, c’est une tarentule

Un temple maya avant restauration, ça ressemble à ça

Singe-araignée : pause rafraîchissement avant de retourner se quereller avec ses petits camarades

Qui est ce motard là-bas devant Thibault ?

Ah au fait, on ne vous a pas dit. Nous avons croisé la route d’un motard canadien à la frontière Mexique-Bélize. Fuyant les premières neiges du Canada, Jesse n’a mis qu’une douzaine de jours à rejoindre le Belize depuis Edmonton, Alberta. Il voyage en solo pendant trois mois jusqu’en Amérique du sud et prend le même bateau que nous entre Panama et Colombie. Assez peu enclin à traverser certains pays d’Amérique centrale seul (on peut le comprendre), il nous a demandé s’il pouvait se joindre à nous pour faire route ensemble depuis le Guatemala jusqu’à l’embarquement pour la Colombie. Ce à quoi nous lui avons évidemment répondu qu’il n’en était pas question.

Vous pouvez dire bonjour à Jesse (à la droite de Thibault)

C’est donc à trois baroudeurs que nous traverserons Guatemala, El Salvador, Honduras, Costa Rica et Panama !

Une fois l’Isla de Flores quittée, nous mettons cap au sud en direction de la frontière avec El Salvador, que nous devrions atteindre en deux étapes. Une première étape dans l’auberge Los Ranchitos del Quetzal nous offre la possibilité d’observer, sous la pluie, le célèbre, magnifique et rare Quetzal.

Les conditions météos ne permettent malheureusement pas de rendre hommage à ce bel animal

Couple d’argentin voyageurs croisés aux Ranchitos del Quetzal : Deudeuche style !

En route pour Antigua, nous avons droit à une journée de pluie à moto sur des terrains variés. Un accident entre un camion et un bus ayant bloqué la route, nous prenons un détour par des petites routes de terre rendues boueuses par la pluie incessante. Nous nous confrontons ensuite à la circulation dense de la ville de Guatemala avant de pouvoir finalement atteindre Antigua. Une belle journée en somme !

Antigua, ancienne capitale du Guatemala, a connu de nombreux séismes destructeurs qui auront finalement raison de son statut. La capitale est désormais la ville de Guatemala. En contrepartie, Antigua, entourée par trois volcans, a gardé son charme de ville coloniale et attire aujourd’hui les touristes de tous horizons.









Demain, nous passerons déjà une nouvelle frontière, pour traverser assez rapidement le Salvador et le Honduras en direction du Nicaragua. C’est avec un pincement au coeur que nous laissons derrière nous le Belize et le Guatemala, deux pays plutôt méconnus et à la réputation parfois mitigée vue de France, hébergeant pourtant une population et un environnement extraordinaire !

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4 Comments

  1. Superbe !!!
    C’est mes yeux et les pneus sont bientôt à changer ?
    Bonne continuation.
    Fjm

  2. Quel régal de vous lire. Mais où sont les photos du TShirt Christophe???? il en manque qq unes maintenant….

  3. ça va devenir la très Big Baroude…
    Au fait, un petit souvenir de chaque pays traversé, merci ce sera très sympa!

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