Dernière semaine au Mexique

Un baroudeur ça glande pas disions-nous. Un baroudeur, ça apprend à gérer simplement l’urgence de ne pas se presser. Notre première phase d’apprentissage, sur les bords du Pacifique, à Mazunte, nous a laissé comme un goût d’inachevé.

Lovés dans nos hamacs, nous avons été assaillis par cette sensation de vacuité que génère une journée à regarder s’égrainer les minutes et les heures dans la moiteur tropicale. La limite est ténue entre l’oisiveté, voulue, et l’ennui, subi. Qu’il est difficile pour nous, enfants d’une génération éduquée aux divertissements, de savoir s’ennuyer. Comment ne pas croire qu’on perd son temps à ne rien faire? Car en réalité, l’ennui porte conseil. Il faut juste l’apprivoiser et se rendre compte que le vide généré par celui-ci est finalement bien rempli.

Nous partons donc continuer nos exercices un peu plus au Nord, avec l’objectif de remplir de pas grand chose des journées au soleil et de nous exercer à ralentir! Palenque derrière nous, nous descendons donc vers les côtes Caraïbes afin, aussi, de rattraper notre bronzage tee-shirt/bermudas/chaussettes, ce qui est beaucoup moins philosophique mais tellement plus concret.

Nous descendons les montagnes du Chiapas et retrouvons la chaleur moite. Celle qui vous humidifie le tee-shirt dès que vous esquissez un sourire et qui vous trempe le caleçon à la moindre bagarre contre un moustique. Nous entrons dans l’état de Campeche et roulons sur de longues routes droites entourés d’une épaisse forêt d’où émergent parfois marécages, lacs et cours d’eau où nous admirons rapaces, échassiers et oiseaux de toutes sortes.





Nous passons la nuit dans la ville fortifiée de Campeche. Bien qu’elle soit située sur les bords du golfe du Mexique, Campeche ne sera pas une étape « plage ». En effet, les plages de Campeche ne sont pas très séduisantes. En revanche, son centre ville, classé au patrimoine de l’UNESCO mérite bien une balade et une bière en terrasse. A voir ses façades colorées, sa place principale, sa cathédrale et ses remparts, témoignage des assauts de pirates qui mirent la ville à sac, nous ne regrettons pas cette étape. Et que dire de son coucher de soleil…?













Le lendemain, nous entrons de plein pied dans la péninsule du Yucatan, connu pour son fief à spring-breakers, la fameuse Cancun. En moins de temps qu’il ne faut à Eric Zemmour pour dire une connerie, nous décidons de ne pas visiter cette zone touristique à la démographie galopante, mais plutôt de nous trouver un petit port de pèche au nord de Merida, peu fréquenté en cette période, Chelem. Une recherche sur internet plus tard et nous nous dégotons ce qui sera notre nid d’ennui pendant 3 jours. Tony et Karen nous accueille dans leur « Casa Rosa », avec au choix:
- farniente sur plage privé ou dans hamac sur terrasse avec vue sur la mer
- baignade salée au milieu des poissons ou planche dans piscine avec bière à la main
- Exercice physique sur sable fin ou promenade jusqu’au port.

Afin d’éviter de consacrer trop de temps à des débats stériles qui nous auraient coupé l’élan de l’ennui, on a tout pris. Et pour éviter de savoir ce qu’on va manger, on s’est trouvé un restaurant les pieds dans l’eau.

Ah oui, on a oublié de vous dire qu’on s’est acheté des tongs…






Nous y resterons bien un peu plus longtemps à Chelem mais les jours passent vite et nous avons rendez-vous dans 1 mois au Panama pour prendre la mer direction la Colombie et il nous reste, d’ici là, tant de choses à voir. Et il ne faudrait pas rater une des 7 nouvelles merveilles du monde (sorte de concours Star Ac’ des monuments dont l’intérêt et l’existence suscitent quelques débats), la cité Maya de Chichen-Itza. Après avoir traversé l’état du Yucatan, rencontré des flamands roses, doublé et croisé des dizaines de moto-taxis, nous arrivons sur le site… Cela attire du monde les merveilles du monde… et ça multiplie par 4 le prix de l’entrée! Heureusement, on y croise des têtes de mort et nous, on aime bien les têtes de mort.






Chichen-Itza

El Castillo (Pyramide de Kukulcán)

Le Caracol (l’observatoire)




On pense que le mec qui a joué les croix n’a pas compris le principe du morpion…

Les têtes de mort!!

Le terrain de jeu de balle. Jeu où le vaincu y perdait la tête… sympa non?

L’étape à Valladolid qui suit est l’occasion d’aller, quelques kilomètres en dehors de la ville, nous baigner dans un cénote, sorte de puits naturel remplis d’eau douce qui servaient aux Mayas à communiquer avec les dieux de l’infra-monde… ou à y jeter des ennemis. Au choix.

Le Cénote X’Keken



 

Valladolid

Le couvent San Bernadino de Sieno


Cathédrale de San Servacio

Le Cénote de Valladolid en plein centre

Direction Tulum, où une cité Maya en bord de mer attise notre curiosité. Sa plage de sable fin aussi. De par sa proximité avec Cancun, Tulum attire de nombreux touristes et des dizaines d’hôtels sont sortis du sable. A l’inverse de Cancun, les hôtels de Tulum ont su rester discrets. Ils consistent essentiellement en de luxueuses cabanes en bois avec vue sur la mer mais c’est évidemment hors de prix.

Heureusement, subsiste encore un camping pour back-packers et baba-cool branché où il est possible de dormir à moindre frais dans sa propre tente ou dans un tipi aménagé. Seuls sur le sable, les yeux dans l’eau, notre rêve était trop beau… On a passé une nuit affreuse.

Dormir sur un drap en plastique quand il fait chaud, sous une moustiquaire qui vous tombe sur la bourriche dès que vous faites un mouvement et qui, en sus, ne moustique rien du tout, c’en est trop pour Chris qui quitte derechef le lieu pour un hamac plus aéré! Tibo tente de tenir le coup, rattache la moustiquaire, se fabrique un drap de fortune qui lui, contrairement au plastique, éponge un peu la sueur et tente de trouver le sommeil. C’est à peine s’il est dérangé par une énorme blatte qui vient chatouiller son nombril avec ses petites pattes… Deux heures plus tard, le combat contre la blatte est fini, la moustiquaire rattachée une énième fois (elle avait littéralement valdingué sous les spasmes de Tibo) et l’homme fourbu. Rejoins une heure plus tard par un Chris désabusé, « Il pleut dehors… ». Nous aurions du nous méfier quand on a vu le crabe sortir de notre tente. Si même-lui n’y voulait pas dormir.

Et la cité Maya de Tulum sinon? « C’est beau… y’a un endroit pour faire la sieste? »

Le camping Chavez 


La cité Maya de Tulum





Dernière nuit au Mexique, nous sommes à Chetumal, à 10 km du Belize. Nous profitons d’un bon lit dans une auberge de jeunesse pour rattraper les heures de sommeil perdus la veille. Nous serons restés plus d’un mois au Mexique, le temps d’y découvrir une partie de la richesse culturelle et démographique du Mexique. Une partie seulement car à l’instar des cités aztèques et mayas perdues dans la jungle, ça peut prendre toute une vie à découvrir.

La route continue direction le Belize, le « Land of the Free »…

 

Bookmarquez le permalien.

5 Comments

  1. Holà ! Je craque pour les commentaires…. Le crabe lui il craque pour vos tongs !!!! Mdr…. Plus ça va plus c’est beau…. L’idée d’un guide pour baroudeurs ??? En voyant tout ça, ça doit donner envie à pas mal de monde…. Besitos chicos

  2. ça faisait un bout que je n’avais pas jeté un oeil, toujours un pur bonheur, merci les gars.
    Et Facebook, vous avez laissé tomer ?
    Merci, merci, merci….

  3. Wesh la Bilk, wesh la Poupe !
    Vous avez des mines déconfites … C’est bon ça !
    Bises.

  4. De mieux en mieux Thibaut, photos superbes et commentaires au top. On se régale. Bien à vous.

  5. Vous avez acheté des tongs certes, mais vous avez oublié de preciser que poupou a coupé sa barbouse !, …. ;-) ça c’est du scoop !! Bisous les baroudeurs

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