Nous irons jusqu’à San Francisco

Il fait chaud lors de notre escale à Salt Lake City, capitale de l’Utah. Située dans une cuvette sur les rives du Grand Lac Salé, vestige d’un ancien et bien plus grand lac, la ville nous reçoit, après la traversée d’un massif montagneux et une grande descente sinueuse, sous une chaleur qu’aucun souffle d’air ne vient tempérer.

Après nous être acquittés de notre corvée de blanchisserie, délaissée depuis un peu trop longtemps selon notre odorat, nous nous engageons dans une rapide visite de la ville.

Le Capitole de l’Utah, inspiré du Capitole des Etats-Unis ?

Salt Lake City, c’est avant tout le siège de l’église mormone. On ne peut l’ignorer, même les rues sont nommées en fonction de leur situation par rapport au Temple. Une petite visite du centre de gravité mormon s’impose donc.

Temple de Salt Lake City

Le Tabernacle, son grand orgue

Force est d’admettre que, malgré une certaine mise en scène et une pédagogie toutes américaines, ces lieux ne nous laisseront pas un souvenir impérissable. Peut-être sommes-nous trop habitués à lier le caractère sacré d’un lieu aux vieilles pierres ? Nous nous souviendrons en revanche, sans avoir pu en capturer une image valable, avoir croisé une ou deux familles à la configuration inhabituelle à nos yeux : un homme suivi de deux femmes entourées de huit enfants. Soit la nounou est venue en renfort pour une visite au temple, soit monsieur affiche une réussite ostentatoire. Officiellement, l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l’église mormone donc, a aboli la polygamie en 1890. Mais il semble que quelques fondamentalistes résistent, encore et toujours.

Cette pause à Salt Lake City est surtout l’occasion de définir les prochaines étapes du voyage. Et maintenant, on va où ? Au sud, à l’ouest ? Les rencontres faites en cours de route nous chantent toutes les louanges de l’ouest, la Californie, la côte pacifique. Ce n’était pas prévu, mais tout le monde nous parle de ces routes, ces paysages qu’il faut parcourir, surtout en moto. Nous devons en avoir le coeur net. Cap à l’ouest !

Interstate 80, traversée vers l’ouest du fond de l’antique grand Lac Bonneville

Une pause s’impose à Bonneville Salt Flats, lieu mythique des records du monde de vitesse terrestre. Quelques allumés ont profité de cette croûte de sel d’une extrême platitude pour s’amuser à exploser les records de vitesse, à bord de voitures à réaction notamment. Ce qui consiste littéralement à poser ses fesses sur un réacteur d’avion et à mettre plein gaz vers le record… De nombreux événements sont toujours organisés aujourd’hui, comme la speed week annuelle, durant laquelle des pilotes amateurs et chevronnés s’affrontent dans toutes sortes de catégories, auto et moto.

Nous passons de l’Utah au Nevada, sous un ciel un peu chargé.

Après une averse (au Nevada !), nous bifurquons au nord vers ce que nous croyons être une petite station pittoresque, Mountain City.

Mountain City a-t-elle un jour connu une quelconque fréquentation touristique ? Nous ne le savons pas mais, quand nous arrivons en cette fin de journée, c’est plutôt l’étonnement qui se lit sur les quelques visages que nous croisons, doublé d’une attitude un peu plus bourrue qu’à l’accoutumée. La bourgade semble avoir vécue, et aujourd’hui les commerces sont à l’abandon. Mais deux motels subsistent, deux ! Ils pourraient à notre avis loger l’ensemble de la population locale.

Le lendemain, nous décidons de couper à travers le « désert » du Nevada. 195 km de pistes de terre, gravier, sable, pierres, et autres passages boueux. Nous avons été ambitieux, peut-être un peu trop. Mais il est difficile de prédire le terrain à partir d’une carte à l’échelle 1/2400000. Nous nous retrouvons donc à traverser un plateau occupé de part et d’autres par quelques ranchs, mais dont le centre est manifestement beaucoup plus rarement visité. L’état des pistes s’en ressent grandement et nous avançons à vitesse réduite sous un soleil de plomb. Certainement la journée la plus éprouvante depuis notre départ, pour les machines comme pour les hommes, le tout dans un panorama au diapason.

Au bout de nombreuses heures, et après nous avoir donné un léger et somme toute magnanime aperçu de sa chaude étreinte, le désert consent à nous relâcher, fourbus et plus en admiration que nous ne souhaiterions l’admettre devant cette belle invention qu’est le doux et fluide asphalte sous nos roues…

En fin de journée nous laissons finalement le Nevada derrière nous pour passer en Californie.

Nous profitons du Lassen volcanic national park qui se trouve sur notre route, et dont les paysages et l’activité géothermique sonnent comme une réminiscence du Yellowstone, quitté quelques jours auparavant.

Nous souhaitons rejoindre la partie nord de la Highway 1 afin de parcourir son tracé sinueux qui longe la côte pacifique. Cet objectif nous entraîne dans de charmants coins de la campagne californienne, jusqu’à camper dans une forêt de séquoias (redwood).

Avenue of the Giants. Traverser une communauté de géants, millénaires pour certains et nous contemplant du haut de leurs 50 à 80 mètres, n’inspire rien d’autre qu’un profond respect.

Finalement, les brumes du Pacifique nous enveloppent pour nous offrir un accueil rafraîchissant. On perd pratiquement 15°C entre les collines à 10 km dans les terres et le rivage océanique. Mais que de beauté, de mystère, de douceur de vivre dans cette contrée sous influence Pacifique.

Nous sommes malheureusement contraints de ne quasiment pas nous arrêter. L’alternateur de la moto de Chris a rendu l’âme le lendemain de notre escapade dans le désert du Nevada, nous forçant à rouler d’une traite les deux cents kilomètres maximum que nous autorise la seule batterie, remise en charge tous les soirs. A partir de 120 km, seuls les câbles permettent de repartir, et les pauses s’espacent autant que possible. La côte pacifique au nord de San Francisco n’en reste pas moins de toute beauté et inviterait en d’autres circonstances à s’attarder bien plus longuement dans ses plis et replis, voire à disparaître quelques jours, transportés par la brume vers les pacifiques rivages de la contemplation pure. Hé ho ! On se réveille, on a une moto à réparer ici !

Et nous voici, après avoir franchi le mythique Golden Gate Bridge, à San Francisco ! La moto au garage pour quelques jours, nous allons en profiter pour faire connaissance avec la ville, connue comme l’une des plus agréables à vivre des USA.

Bookmarquez le permalien.

7 Comments

  1. Kimito le roi de la prod HSBC

    J’ai un probleme sur une demande groupe que tu as deja traitée sur la segmentation multicanal. Tu te rappelles pourquoi tu utilises les données du mois de mai?

    • V’là autre chose.
      Avant tout, sache que je dis non aux trolls à caractère professionnel sur ce blog !
      Dans le cas où cette question attendrait réellement une réponse, et aussi dans le cas contraire d’ailleurs, je te facetimerai au boulot, ce sera nettement plus rigolo de voir vos bourriches à tous !

  2. Merci les mecs!

    c’est énorme… comme d’hab.

    je lis plus de bouquin depuis 2 mois… j’imprime le blog.

    Des bises les potos!

  3. C est toujours aussi beau et les commentaires nous font vraiment vivre l aventure. Tout cela est captivant comme un livre de voyage ( au fait il faudra y penser tout est pret les photos, les commentaires !!!) merci pou les photos du lac sale (toujours ma passion pour la compétition auto )

  4. Bonjour les jeunes
    N’oubliez pas de « wear some flowers in your hair »
    Magnifique comme d’hab!
    Enjoy
    Bises

  5. Très beau reportage, détaillé et poétique, avec des photos formidables !!! À San Francisco « Hissez haut »…. Vite la suite…. Bises

  6. Magic encore comme article, faites nous encore rêver longtemps !! la dernière photos est simplement magnifique hallucinante !! la bise les brokebacks

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