Ultima vuelta

On vous a laissé où au fait?… Ah oui, Buenos Aires,. Pour un peu de repos, de visites et de fiestas, disions-nous.

Bon… en terme de repos, il faut avouer que c’est complètement raté! Nous repartons après une semaine dans la capitale argentine plus fatigués qu’à notre arrivée. Alors oui, dormir dans un lit, c’est à priori plus confortable que dormir dans une tente, surtout quand le matelas gonflable se dégonfle en une heure… bref passons, là n’est pas le problème. Mais dans notre tente, il y a une moustiquaire. Donc tout insecte volant, rampant, irritant, bruyant, ayant profité d’un moment d’inattention de notre part (et depuis le Canada, ce n’est pas souvent qu’on se laisse avoir), est prié d’aller voir dehors si on y est sous peine de se prendre une main dans la gueule. Dans un dortoir avec porte ouverte sur l’extérieur, c’est une toute autre histoire et c’est souvent les petites bêtes qui ont le dernier mot, car si par une vivacité digne de Jacky Chan, vous arrivez à exploser un moustique en plein vol, y’a son pote qui au même moment se régale de votre postérieur. Vous voyez le tableau? On vous épargne la blatte de 5 cm qui vous tombe dessus en pleine nuit alors…

Mouches, moustiques, blattes… Nous pouvions nous y attendre, mais un ours! Un beau spécimen en pleine hibernation dont le ronflement peut atteindre des sommets en terme d’intensité dans la phase dite paradoxale du sommeil, soit au beau milieu de la nuit, qui a pour avantage de couvrir les « bzzz » des insectes potentiellement encore dans la pièce mais qui vous réveillerait un mort. Un ronflement parfois entrecoupé de quelques flatulences avant de repartir de plus belle, que même sifflets et toussotements n’arrêtent pas. Alors l’ours, on a envie de lui mettre une main dans la gueule aussi comme aux bestioles, mais c’est un ours…

Vivement la tente…

Pour fuir l’ours, nous sommes allés nous balader un peu dans cette ville immense. Heureusement pour nous, notre hôtel est assez central et nous permet en quelques heures, de visiter les coins à priori les plus attrayants de la capitale. Cette semaine est donc l’occasion d’aller visiter le quartier populaire et très coloré de La Boca, fief du club de foot de Boca Juniors et de son joueur emblématique, Diego Armando Maradona. Nous ne manquons pas d’aller voir la place centrale et les quartiers du vieux centre ville puis nous flânons en fin de journée le long des canaux, parallèles au Rio de La Plata, admirant les tours et les ponts du Buenos Aires moderne.

Le dimanche a lieu le marché de San Telmo. Un grand marché artisanal qui s’étale dans une rue du quartier San Telmo sur plus de deux kilomètres. Nous y retrouvons Juan & Azahara, arrivés quelques jours avant nous dans la capitale et profitons ensemble des animations de rue. Nous prenons l’apéro devant de jeunes danseurs de tango, venus, pour le grand bonheur des touristes, faire admirer toute leur classe et nous terminons la journée autour d’un bon asado.

Après une semaine et pour notre dernier soir, nous retrouvons enfin Mat & Pam. Coincés depuis une dizaine de jours à 25 km de Buenos Aires à cause d’un roulement de boîte de vitesse cassé, nous doutions de pouvoir les recroiser une dernière fois. C’était sans compter sur la dextérité et l’abnégation de Matthieu qui a pu remettre sur pied sa bonne vieille titine. Pour un temps seulement… Les casses à répétition ont signé la fin du voyage pour nos deux copains, fin de voyage temporaire tout de même, leur but étant maintenant d’envoyer la moto au Mexique par avion puis de rallier au plus vite les Etats-Unis afin de se refaire un peu les poches, acheter un moteur tout neuf et repartir à nouveau. Quand le voyage vous tient par les tripes… Nous fêtons dignement ce dernier soir avant de se promettre de se revoir un jour, quelque part.

Il est temps pour nous d’entamer notre « Ultima Vuelta », de Buenos Aires à Buenos Aires, profiter de ce dernier mois sur les routes d’Amérique du Sud. L’Uruguay nous tend les bras, de l’autre côté du delta du Rio de la Plata.

Buenos Aires – Quartier de La Boca





Buenos Aires – Centre Ville






Buenos Aires – les canaux






Une heure de traversée, c’est le temps qu’il nous faut pour rallier Colonia, côté Uruguayen. Il fait chaud de l’autre côté du delta, et c’est sur une route rectiligne et bordée de palmiers que nous commençons notre découverte de l’Uruguay. Deux heures plus tard, nous entrons dans Montevideo qui nous paraît bien vide. En effet, nous sommes en pleine semaine sainte et les uruguayens désertent la ville pour profiter une dernière fois des plages du nord du pays et du sud brésilien. Ce n’est pas pour nous déplaire, la visite du vieux centre ville de Montevideo le lendemain n’en est que plus tranquille. Un certain chaos architectural règne dans le vieux Montevideo. De vieux bâtiments à l’allure coloniale jouxtent de vieux immeubles décrépis du milieu du siècle, eux-mêmes voisins d’immeubles flambants neufs. Le tout nous laisse tout de même comme un sentiment d’abandon et de pauvreté. Les grandes barres d’immeubles style HLM qui font face à la mer ne feront qu’accentuer ce sentiment. Nous trouvons finalement un peu d’animation dans le marché du port. Ici, on ne vend pas du poisson à la criée, ni de fruits et légumes. Ici, on s’installe devant des dizaines d’antres où cuisent d’énormes morceaux de viande dont l’odeur ferait saliver les plus fervents végétariens. L’Uruguay, patrie de l’asado, tient sa richesse de l’exportation de viande dont le montant avoisine les 400 millions de dollars annuels, et on peut vous dire qu’ici, ça débite!

Nous quittons le soir même Montevideo pour nous installer 20 km plus loin chez Julien et Solange, croisés la veille. Ce sont nos motos, garées devant l’hôtel qui ont attiré le regard de Julien, motard lui-aussi. Julien, originaire du sud de la France vit en Uruguay avec Solange, son amie uruguayenne et à deux, ils tiennent un petit B&B à 100 mètres de notre hôtel. Ayant remarqué nos deux plaques françaises, Julien a voulu savoir qui étaient ces deux zigs qui se pointaient dans sa ville d’adoption. Quelques heures pus tard, nous étions invités à passer quelques jours dans leur maison! En nous rendant chez eux, nous suivons Julien qui a souhaité nous montrer une autre facette de Montevideo. Le vieux centre ville laisse vite place à un littoral d’où émergent des immeubles de haut-standing puis à de magnifiques maisons individuelles, propriété de familles uruguayennes aisées et de riches expatriés. Un peu plus tard, nous voilà donc installés dans leur petite maison en bord de lac et profitons enfin d’une chambre individuelle pour, enfin, dormir tranquillement… Nous ne les remercierons jamais assez pour leur gentillesse et leur hospitalité et c’était la moindre des choses de partager, pour notre dernier soir chez eux, un asado (encore!) et une bonne bouteille de vin.

Premiers tours de roue en Uruguay

Montevideo
















Julien & Solange

Sur les conseils de nos deux hôtes, nous continuons de longer la côté et après avoir dépassé Punta del Este, sorte de Miami miniature, nous nous arrêtons dans le petit village de Barra de Valizas, en plein coeur du parc naturel du Cabo Polonia, où nous plantons notre tente dans un éco-camping. Nous partons le lendemain pour une petite balade dans les dunes afin de rejoindre le petit village de Cabo Polonia, accessible uniquement par une navette ou à pied. Le village, sorte de repère de babas cool, n’est doté en électricité qu’à la faveur de quelques panneaux solaires et de petites éoliennes. En pleine saison, ça doit grouiller de jeunes venus profiter du soleil, des plages sans fin, et de la politique tolérante à l’égard de la Marijuana. Hors saison, comme c’est le cas aujourd’hui, nous errons et observons quelques phoques qui se font dorer la pilule sur leurs rochers, dans un village déserté.

Punta del Este

La côte uruguayenne



Parc naturel de Cabo Polonia





Cabo Polonia










On nous a suffisamment dit qu’à l’intérieur des terres uruguayennes, il n’y avait rien à voir, pour qu’on aille y faire un tour. Direction donc le centre du pays pour constater qu’effectivement, il n’y a pas grand chose. Nous quittons la côte et ses vastes pâturages où paissent chevaux et bovins au milieu des palmiers, pour découvrir une région à peine plus vallonée et des pâturages à perte de vue, d’où émergent parfois quelques bosquets d’eucalyptus, oasis de fraîcheur pour nos amis les ruminants. Il n’y a rien à voir mais on se régale à rouler sur des routes de terre battue où nous croisons en tout et pour tout quelques gauchos à cheval et doublons dans un nuage de poussière aveuglant quelques camions chargés de céréales. La route nous mènera au bord d’une retenue artificielle dans un camping municipal, plein à craquer pendant les vacances, mais désert aujourd’hui. Le hasard a voulu qu’ici, Alejandro nous attende. Thermos coincé sous le bras, sirotant son maté, Alejandro ne le sait pas encore mais il déterminera la suite de notre voyage en Uruguay. Attiré par nos motos, cet homme d’une cinquantaine d’années arrive donc la main posée sur le coeur, pour nous conter ô combien l’esprit motard a fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. Coincé pour son travail dans ce petit village de San Gregorio, Alejandro nous fait partager les photos de ces potes motards, et des multiples « encuentros » de motos qu’il a pu faire en Uruguay et au sud du Brésil. Dans cette région, les rencontres de club de motards sont si nombreux qu’ils peuvent jalonner une année entière sans vous ramener à la maison. D’ailleurs, nous sommes jeudi et demain a lieu un de ces « encuentros » de motos dans la ville d’Artigas, frontalière avec le Brésil. A son grand désespoir, Alejandro ne peut s’y rendre mais nous fait promettre d’y aller. Pour nous, pour lui. D’ailleurs, nous n’avons vite plus le choix, en l’espace de 10 minutes, et grâce à son téléphone, ce sont l’ensemble de ses potes qui attendent les deux « franceses », là-bas, à quelques centaines de kilomètres au nord-est. On finit la soirée à partager le traditionnel asado avant de le revoir le lendemain matin pour un adieu chaleureux. C’est qu’ils sont vite attachants ces Uruguayens!

La campagne uruguayenne

Et au beau milieu…






Alejandro

Nous voilà donc dans la petite ville d’Artigas. A peine arrivés devant la banque afin de retirer quelques pesos, trois motards tout de cuir vêtus nous tombent dessus. « Los Franceses! » nous disent-ils, d’un abrazo cordial. On va bien se marrer ce week-end…

Une heure plus tard, nous plantons notre tente au milieu des étendards des différents clubs uruguayens et brésiliens. Nous avons vite fait d’afficher nous-aussi notre blason de la Big Baroude en enfilant notre tee-shirt à tête de mort! Ici une seule devise, « peu importe sur quel deux-roues tu roules, la route est la même pour tous ». Ça sent bon la franche camaraderie, la bière et le rock n’ roll. Nous recevons la visite de tous les curieux venus voir les deux « franceses » et leur 55.000 kilomètres au compteur, on partage des expériences, on parade en ville avec les centaines d’autres motos, on se retrouve avec une quantité d’autocollants afin de garnir nos caisses déjà bien remplies, on rit et on comprend pas tout à ce qu’on nous raconte… Faut dire que les brésiliens sont en nombre et qu’on pipe rien au portugais… On va bien rigoler lundi quand on foulera pour la première fois le Brésil. En revanche, une chose est sûre, uruguayens et brésiliens partagent ensemble une même sympathie et une volonté de bien vous accueillir, on finira cet encuentro avec quantité d’invitations! Nous croisons aussi Karol et Nati, couple de motardes équato-péruviennes. A deux sur une moto, elles voyagent sans but précis en vendant les photos de leur voyage. Un sacré pari!

Et puis, comme il est de coutume maintenant, on finit le week-end par un asado! Demain promis, on se fait une salade de crudités…

El « encuentro » de Artigas










Le temps passe vite et il nous reste trois semaines pour compléter notre boucle. Nous prenons la direction de Porto Alegre et des plages du sud-Brésil. Paraît-il que c’est joli…

Premiers tours de roue au Brésil

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4 Comments

  1. MERCI MERCI ET ENCORE MERCI !!!!!
    A bientôt les (vrais) baroudeurs.

  2. La ultima vuelta…Ça sent la fin… Mais la fin en beauté. Merci pour le récit et les super photos.

  3. Kimito, el rey del consejo

    Bon, maintenant dites le, le meilleur coin de l’amerique, c’est l’uruguay!

  4. Haut en couleur les bikers de la dessous
    Merci pour ces belles images !

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