Viagem no sul do Brasil

Oi ! Como você esta ? Todo bem ? Elas são lindas suas motos ! Procurando algo? Posso te ajudar?

Gnééé ? Rien compris.

Voilà autre chose. Vous ne parlez pas espagnol vous ? Non ? Ah oui, portugais. Ouais ok d’accord on voit le délire. Mais on ne pipe rien à ce que vous dites en revanche… Haha, c’est sympa comment il parle lui. Heu, t’as compris quelque chose toi ? Non, n’insistez pas, on pipe rien là.
La Big Baroude a débuté au Québec. En terme de confrontation à une langue étrangère, nous avons commencé plutôt facile. Cela peut être marrant et folklorique le français de la belle province mais ça reste à peu près compréhensible (enfin pas toujours, on ne comprenait évidemment rien à ce que nous disaient les petits vieux des petits villages au fond des bois. Mais c’est pas le sujet). Nous avons ensuite basculé vers l’anglais, langue pour laquelle nous avons tous les deux d’assez bonnes bases. Et avec un peu de pratique on s’en sort pas mal. Puis est venu l’espagnol. Là encore nous avions quelques bases, plus maigres certes, mais nous avons écouté, parlé, et finalement progressé au fil des mois. Mais le portugais ! Connaît pas. Comprend pas. C’est pourtant bien une langue latine, mais ça ne ressemble pas au français, pas tellement à l’espagnol ni à l’italien. C’est autre chose. C’est du portugais en fait. Et si nous pouvons à l’occasion déceler des ressemblances avec une langue connue, elles sont aussitôt dissimulées par l’accent des brésiliens… L’accent brésilien ! Trop cool. On a trop envie de parler portugais nous aussi ! Il faudrait au moins qu’on apprenne à faire semblant, avec l’accent. La vie paraît tellement plus cool en portugais ! Même si on ne pipe pas un mot…
Alors par où commencer ? Peut-être par nous familiariser avec l’écrit. Il faut bien commencer quelque part. Direction l’autoroute, et la myriade de panneaux publicitaires qui ponctue son tracé en direction de la côte. Cela nous fera un peu de lecture…

Autoroute & Pub

Statue de la Liberté : ouais bon, pourquoi pas ?

Nous arrivons de nuit à Porto Alegre, ville importante dans laquelle nous n’avions pas vraiment prévu de nous arrêter, malgré la bonne impression qu’elle nous fait en arrivant à la faveur d’un coucher de soleil flamboyant. Nous trouvons un hôtel économique pas loin des grands axes pour passer la nuit et ne nous attardons pas. Le lendemain, nous rejoignons la côte et le petit village de Farol de Santa Marta. Le Phare de Sainte Marthe en français. Voyez que que c’est nettement plus cool en portugais.
Petit village au bout d’une pointe entourée de plages de surf, l’endroit doit probablement être surpeuplé pendant la saison. Mais en ce moment, il est vide et nous nous installons dans un camping non moins vide. Calme, tranquillité, nous passons deux jours à nous détendre (mais étions-nous tendus ?) entre lecture, farniente et terrasses désertes. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on n’aura pas été dérangé par les voisins ou les touristes.


Soirée lecture. Faites un peu moins de bruit les moustiques, on ne s’entend plus lire.

Malheureusement, le temps n’est plus vraiment à la baignade, il commence à faire un peu frais pour ça et, fatigués de ne rien faire, nous décidons de poursuivre au nord jusque la ville de Florianopolis. De là nous bifurquerons à l’ouest pour entamer la traversée du sud brésilien jusqu’aux chutes d’Iguaçu.

Bac pour Laguna

Nous accostons bientôt Captain ?

Florianopolis fait paraît-il partie des villes les plus agréables à vivre au monde. Située sur une île, reliée au continent par un pont, sa douceur de vivre, son climat et ses nombreuses plages semblent en effet attirer de nouveaux habitants d’un peu partout, en quête d’une meilleure qualité de vie.

Et la douceur de vivre qui règne à Florianopolis se répercute directement sur le visage du baroudeur.


Mais. Parce qu’il faut bien qu’il y ait un mais. Où voulez-vous garer une moto de baroudeur dans ces rues ? Non on vous assure, ça ne passe pas là. Pfff, douceur de vivre mais pas de place pour nos motos ? Nul. On se casse.

En réalité, les motards brésiliens rencontrés lors de l’ « encuentro » moto en Uruguay nous ont indiqué une belle route au départ de Florianopolis qui traverse la Serra Geral vers l’ouest entre monts et vallées verdoyantes. Une belle route sinueuse dans un paysage magnifique, voilà quelque chose qui compte dans notre évaluation d’une bonne qualité de vie ! Et cela fait un moment que les routes que nous roulons sont trop rectilignes. C’est par là que nous allons. Nous quittons la côte pour la montagne.





Nous atteignons le village d’Uribici en fin de journée sous des cieux accueillants, mis en lumière par un chaleureux coucher de soleil. Après quelques recherches dans le village, nous finissons par trouver un camping pour le moins agréable. Mais, sans savoir pourquoi, il ne semble pas aisé de trouver un camping au Brésil. A moins que cela ne soit lié à notre difficulté à nous faire comprendre ? Quoiqu’il en soit, nous établissons notre campement dans un endroit magnifique en lisière de forêt.
Ces campagnes, à une altitude de moyenne montagne, présentent une alternance de verts pâturages et de forêts aux essences diverses et variées, allant du pin aux palmiers, en passant par l’eucalyptus et autres espèces plus exotiques encore. Ce mélange de climats, allié aux voluptueuses nappes de brume matinales, donne à ce coin du Brésil un doux caractère, alangui et paisible, l’assurance d’un terroir fertile et prospère, et au final une véritable douceur de vivre. Non, pas mal vraiment.




Les motards brésiliens sillonnent sans relâche les routes de leur pays et des pays alentour. Et le font savoir.

Voilà, comme ça madame. On ne bouge plus… Flash ! Merci, vous êtes super.
Ah au fait vous parlez l’espagnol madame Vache ? Hum ? Bon, si c’est pour parler l’espagnol comme une vache portugaise, ce n’est vraiment pas la peine. Merci, obrigado, madame.


Visite d’une chute d’eau sur la route. Petite mise en bouche avant les chutes d’Iguaçu







Pause déjeuner pour les motos

Nous poursuivons notre route à l’ouest et débarquons au détour d’un virage et et à la nuit tombante dans un coin connu comme le Tyrol brésilien. Le Tyrol brésilien ? Un relief vallonné, voire montagneux on vous l’accorde, mais 26°C à l’ombre, pas mal de moustiques et des palmiers. Quand même pas exactement l’image qu’on se fait du Tyrol. En réalité ils ont des ancêtres germaniques dans la région, et une architecture qui reflète cet héritage, c’est assez surprenant. Quoiqu’il en soit, nous sommes à la recherche d’un endroit où poser notre tente pour la nuit et les campings ne sont pas vraiment monnaie courante dans les parages. Les hôtels ? Pas les moyens, plus les moyens.
Nous nous engageons malgré tout dans un chemin qui mène à un complexe de cabanas, pour demander s’il n’y aurait pas éventuellement une petite place où camper. Nous tombons sur un bonhomme plutôt sympathique qui nous explique quelque chose que nous ne saisissons pas tout de suite. Et non, on n’apprend pas le portugais du jour au lendemain ! Mais nous comprenons que si nous ne parlons pas portugais, il peut également s’exprimer en allemand. Pardon ?! Nous avons beau être dans le Tyrol brésilien, nous sommes déconcertés. Nous petits français, capables à présent de nous exprimer en anglais et en espagnol, pensions être en mesure de communiquer avec la quasi totalité des autochtones des Amériques du nord et du sud ! La quasi totalité oui, mais pas la totalité. Et voici que lorsque par chance nous tombons sur un brésilien qui parle une autre langue que le portugais, celle-ci s’avère être l’allemand ! Non mais oh, vous le faites exprès là !
Bon, on lui explique que, quitte à ne rien comprendre, on préfère encore le portugais, plus doux à nos oreilles. Et nous ne tardons finalement pas à déchiffrer ce qu’il essaie de nous dire depuis dix minutes, soit que son fond de commerce c’est plutôt les cabanes, pas vraiment le camping.
D’accord monsieur, mais c’est la saison basse, vous ne paraissez pas crouler sous la fréquentation touristique, et voyez ce terrain que vous avez là. Nous, nous sommes d’humbles baroudeurs en fin de baroude, nous n’avons plus assez d’argent pour nous offrir une cabana, et cherchons simplement à dormir quelques heures avant de reprendre notre route demain matin. Voyez le topo ? Bref, après quelques minutes de discussion et en n’ayant (presque) pas forcé l’hospitalité de cet agréable bonhomme, nous sommes gracieusement invités à planter notre tente sur le terrain de foot. Obrigado senhor !

Campement dans le Tyrol brésilien


Le Tyrol brésilien on vous dit


Pause en aval d’un barrage

Charognard n°1 : « Hé mec, il me paraît un peu fatigué ce baroudeur, c’est bon pour nous ça non ? »
Charognard n°2 : « Tu rêves mon pote. T’as déjà goûté une charogne de baroudeur ? Et bien moi non plus. C’est que ça vend cher sa peau un baroudeur… »

Après cette belle traversée des montagnes du sud du Brésil, notre progression vers l’ouest nous conduit dans des contrées beaucoup moins vallonnées. Le paysage change peu à peu, devient de plus en plus plat, la forêt de plus en plus présente. Nous réalisons que nous nous enfonçons à présent dans la forêt tropicale. Au bout de la route, à la frontière avec le Paraguay à l’ouest et l’Argentine au sud, nous atteignons la ville de Foz d’Iguaçu. Il est temps d’aller visiter la merveille naturelle qui constituera le clou du spectacle de cette « ultima vuelta » avant notre retour à Buenos Aires : les chutes d’Iguazu !
275 cascades sur 3 kilomètres, à cheval sur 2 pays, jusqu’à 82 mètres de hauteur, ça débite du lourd les chutes d’Iguazu !

Chutes d’Iguaçu, côté Brésilien


Il paraît, non, c’est un fait en réalité que certains SS allemands sont venus se planquer en Amérique du sud à la fin de la guerre. De là à imaginer qu’ils ont créé une espèce de papillon à leurs couleurs, il ne faut pas exagérer non plus ! Quoiqu’ils étaient bien tordus quand même…

Papillon 88


Coatis, séance papouilles

Mariposa devant les chutes



La garganta del diablo, la chute la plus impressionante du site

Papillons devant les chutes


Une petite précision, les chutes d’Iguaçu (portugais) ou d’Iguazu (espagnol) sont situées pour 20% sur le territoire brésilien, et 80% sur le territoire argentin. Alors que le côté brésilien offre une belle vue d’ensemble, le côté argentin permet de s’approcher au plus près des chutes. Notre courte escapade au Brésil prend donc fin et nous retournons, définitivement cette fois, en Argentine pour nous promener au bord des chutes.
A Puerto Iguazu, la ville côté argentin, nous atterrissons dans un petit hôtel pas cher pour passer la nuit avant l’excursion du lendemain. La dueña de l’hôtel nous demande naturellement si nous avons visité les chutes, et nous lui répondons que nous avons effectivement visité le côté brésilien et que le lendemain nous irons visiter le côté argentin.
Que n’avons-nous pas dit là ! La dueña nous rappelle sévèrement que les chutes d’Iguazu sont une merveille naturelle certes, mais une merveille argentine avant tout ! Comprenez, les brésiliens, ces vils opportunistes, ne font que profiter de leur situation géographique pour monnayer la vue qu’ils ont sur les chutes situées côté argentin. Alors qu’elles ne leur appartiennent même pas ! Profiteurs. Voyeurs. Heu… Oui madame, si vous le dites madame.
Pas de doute, nous sommes bien repassés côté argentin ! Hé les copains argentins, vous avez un beau pays et tout, pas de doutes, mais que diriez-vous de vous calmer un peu ?

Oh le bel animal ! Et un sacré gueulard. On ne sait pas ce qu’il chante mais il doit probablement vanter sa supériorité à la ronde. Enfin, on imagine, c’est un volatil argentin après tout… Ah bravo ! Classe, respect. Non pardon, si c’est pour faire du mauvais esprit c’est pas la peine. Stop, ça suffit.

Nouveau modèle Canon : le Mariposa

La garganta del diablo, vue de près. Quand on vous dit que ça débite !

Selfie devant la garganta

Série « papillons à foison »




Maman !! Le monsieur il a plein de papillons nazis dans le cou !

On aurait bien fait une série sur les serpents mais on n’a pas le droit. Non, c’est pas parce qu’on a peur d’abord.

Alors on revient aux papillons


Et aux bébêtes rigolotes

Et aux coatis

Les petits futés, ils attendent que tout le monde soit monté dans le train du parc pour investir le quai à la recherche des restes de nourriture abandonnés par les touristes.

C’est une belle balade que nous ont offert ces chutes impressionnantes, dans leur écrin préservé de forêt tropicale. Il est maintenant temps pour nous de nous diriger doucement vers l’ultime étape du voyage, Buenos Aires. On reprend la route du sud. Mais nous ne sommes pas pressés. Nous avons commencé à organiser le retour des motos par email et avons notre premier rendez-vous avec notre agent à Buenos Aires le 4 mai. Le temps de nous balader tranquillement et d’explorer un peu les contrées qui nous séparent de la capitale.

Réveil dans un camping de la petite bourgade de Jardin America. Beauté.


Paysage de marécages non loin de la frontière sud du Paraguay

Il y a une piste de terre et sable qui traverse le parc naturel qui préserve ces marécages. Pourquoi ne pas aller y faire un tour ?

Cette piste a dû être un bourbier il y a quelques jours. Les profondes ornières creusées par les 4×4 sont maintenant sèches et durcies, mais pas moins piégeuses pour des motos. Après quelques centaines de mètres la piste redevient plane et la terre rouge se mêle par endroit à un sable blanc peu profond. Bon ça va. Jusqu’au moment où… ça ne va plus. Sans prévenir, la piste devient un profond bac à sable. Chris, en tête, applique ce qui est maintenant devenu un réflexe : en cas de doute, particulièrement sur un terrain meuble, mettre du gaz pour retrouver de la motricité. Sauf qu’entre sable mou encore un peu lourd d’humidité et ornières, il est vite déséquilibré, part en glisse et se paye ce qu’il convient d’appeler un bon petit « high side » !
Ah le « high side », cette figure de style involontaire redoutée des motards !
Définition technique : le « high side » intervient lorsqu’en situation de sur-virage, la roue arrière partant en glisse dans une courbe, le pilote coupe instinctivement les gaz, provoquant une reprise d’adhérence brutale accompagnée d’une violente compression / décompression de l’amortisseur. Le résultat est l’éjection sans appel du pilote…
Pour Chris, à une quarantaine de kilomètres heures dans le sable, cela restera heureusement une anecdote de chute bénigne, quoique d’une certaine violence. Il n’aimerait pas en faire l’expérience sur le bitume !
En se relevant, Chris voit derrière lui Tibo, couché sur le côté en train d’enlacer tendrement sa moto bien-aimée sur le sable chaud. Non mais ça va bien oui ! On n’a pas le droit de se la couler douce comme ça quand le mec devant soi s’est envoyé dans le décor !
Attendez. Ah non. Tibo est en réalité par terre avec une jambe coincée sous sa moto. En fait, voyant que le zig devant lui s’aventurait de manière on ne peut plus maladroite dans un profond bac à sable, il a décidé de ralentir prestement, mais n’a malgré cela pas échappé lui non plus à la perte d’équilibre. Pas de blessure heureusement, merci le bac à sable !

Bilan de nos pirouettes et figures de style ratées. Chris est bon pour redresser ses caisses, maltraitées dans l’aventure. Mais y a-t-il un enseignement à tirer de ce curieux contre-temps lancé en travers de notre route ?
Sans aucun doute nous avons amélioré nos compétences à moto depuis quelques mois. Cependant, non seulement nous avons encore beaucoup à apprendre, mais aussi la moindre inattention ou baisse de vigilance est susceptible de nous mettre par terre, que ce soit ici ou ailleurs. On le savait déjà, on se l’est fait rappelé.
Au final, nous estimons qu’il est temps d’arrêter un peu les conneries, surtout celles qui sont plus ou moins inutiles. On a bien ri, on s’en est bien sorti jusque là, on ne va donc pas pousser le bouchon trop loin non plus. On a décidé qu’on ramènerait les motos en France, essayons donc de les préserver un minimum. Et tant qu’à faire, essayons nous-mêmes de rentrer dans un état correct.
Nous sortons donc de ce piège à baroudeurs et nous posons quelques jours dans un camping en bord de lac. Il est temps de relâcher un peu le rythme et de profiter de ce moment de calme qui s’offre à nous.
Et dans quelques jours, nous rentrerons tranquillement et prudemment sur Buenos Aires pour nous envoler vers d’autres aventures.
Que dites-vous de ça ? Oui, nous aussi cela nous paraît un programme ambitieux. Mais il faut savoir mettre la barre haute parfois !

Pause post boom bada boom

Renard famélique. Toi non plus tu ne goûteras pas la charogne d’un baroudeur, tu peux aller voir ailleurs.

Camping en bord de lac

Le genre de vue qui vous détend bien un baroudeur

Bookmarquez le permalien.

2 Comments

  1. magnifique toujours! merci, des bises

  2. Le monde est beau et pis c’est tout !!!

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