Winter is coming

Cela faisait longtemps n’est-ce pas ? Ça va toi ? Nous ça va pas mal, merci !
Après quelques semaines à naviguer sous la couverture radar, la Big Baroude refait surface, sort la tête de la pampa et s’en vient donner quelques nouvelles du front. Bon, alors c’est où donc qu’ils étaient passés ces deux loustics de baroudeurs ? Boh, nous n’étions pas loin. Par là, là-bas, au bout du monde quoi.

Mais chaque chose en son temps. Nous vous avons laissé à Punta Arenas, où nous avons retrouvé les espagnols Juan et Azahara ainsi que notre petite famille belge préférée, Carolina, Simon et leurs trois filles. Nous voici donc tous logés chez Eduardo, aubergiste super sympa et hospitalier – ça aide pour un aubergiste – à couler quelques jours tranquilles, profitant de la chaleur dispensée par le poêle de la cuisine et guettant un jour sans pluie ni trop de vent pour nous lancer dans la traversée du détroit de Magellan, en direction de la légendaire Terre de Feu.
Nous en profitons pour visiter quelque peu la ville qui, il faut bien le dire, n’offre pas les divertissements les plus mémorables qu’il soit, sauf si on aime traîner dans des rades de troisième ou quatrième zone en compagnie des burrachos et burrachas du quartier. Il y a bien une « zone franche » pour faire un peu de shopping à prix détaxé, mais nous n’avons de toute manière pas beaucoup de sous à dépenser et les prix affichés semblent indiquer que les taxes en moins sont principalement des bénéfices en plus pour les commerçants.

En voilà un tableau ! Mais Punta Arenas reste néanmoins une petite ville plutôt agréable, lieu de passage et de rencontre de voyageurs de tous horizons, en route ou en provenance d’Ushuaia. Certains commencent leur voyage ici, d’autres le terminent, d’autres encore passent par là avant de continuer ailleurs. Bref, nous faisons des rencontres, échangeons sur nos voyages respectifs, jouant même parfois aux baroudeurs aguerris donnant de bon tuyaux aux novices qui débarquent. « Ouais, tu nous as vu nous les barbus pour qui la baroude n’a plus de secret ? Alors écoute bien, surtout toi avec le menton glabre, voilà exactement ce que tu vas faire : blablabla, bliblabli, blablibla. Tu as tout bien compris et retenu ? Non ? En résumé, tu me laisses un peu pousser cette barbe pour les prochaines semaines et pour le reste, le mieux c’est de voir une fois que tu es sur place. Non, je t’en prie, ça nous fait plaisir. Ah au fait, vous avez pris un embrayage de rechange vous ? Non non, comme ça. »

Les nuits à Punta Arenas peuvent être fraîches, humides, mais surtout venteuses. Certains malheureux campeurs passeront des nuits agitées, cassant même les arceaux de leur tente pour certains… Nous, baroudeurs dont l’étendue de l’expérience n’a maintenant d’égale que la profondeur infinie de l’univers intersidéral, avons opté pour un lit au chaud dans une chambre. Petit déjeuner inclus. La barbe oui, l’extrémisme borné, non.








Et puis un beau jour, ça y est, le temps est au beau, et nous estimons être en mesure de prendre le ferry de bon matin, traverser le détroit de Magellan, poser nos roues en Terre de Feu et rejoindre Ushuaia dans la même journée.

Nous embarquons donc toute la fine équipe, combi et petites 150 centimètres cubes comprises, pour le ferry de 9 heures. La traversée qui dure deux heures trente oscille entre cafés, siestes, et discussions évoquant le souvenir des navigateurs ayant vogué sur ces flots, parmi les plus intrépides et audacieux vus à la face du globe.

Au moment de débarquer, nous avons devant nous 150 kilomètres de ripio, ces pistes de gravier, avant d’atteindre à l’est l’océan atlantique et la frontière argentine. Nous comptons rejoindre Ushuaia le soir même, soit 240 kilomètres après la frontière, et laissons donc les belges et les espagnols derrière nous, qui pour leur part ne sont pas sûrs de réaliser cette distance dans la journée.

Et voici un scoop de première importance : la Terre de Feu n’est pas réellement en feu, pour de vrai. Non. Elle tient ce nom des premiers navigateurs espagnols à avoir explorer la région, interloqués par la vision de feux et de fumée sur la côte, foyers allumés et entretenus par les autochtones. Oui, la Terre de Feu était déjà habitée, et depuis longtemps. Le plus surprenant est que ses premiers habitants vivaient nus. Nus ! À poil ! Le corps uniquement recouvert de peintures traditionnelles à base de graisse de phoque, et la tête éventuellement surmontée d’un couvre-chef en fourrure pour les plus frileux.

Le cercle polaire antarctique est certes encore loin, mais avec les températures habituelles dans les parages et un vent à tomber par terre, cela nous paraît aujourd’hui insensé.
Quoiqu’il en soit, nous parcourons la platitude du nord de cette île dans le vent, et profitons d’une petite pause pour visiter d’autres habitants du coin, les pingouins roi.

Simon est sur le pont

La team pose ses roues en Terre de Feu

Les belges et Carlos, le combi

La route, le ripio, longe un moment le détroit de Magellan


En Terre de Feu, on croise pas mal de renards…

… et de guanacos

Mais les vedettes, ce sont les pingouins rois bien sûr !





En Terre de Feu, le vent n’est pas légende, et le rappelle parfois à ceux qui l’oublieraient


S’il y a quelque chose que les Argentins ne sont pas prêts d’oublier, notamment dans le sud, c’est bien la guerre des Malouines (ou Malvinas, ou encore Falkland). De nombreux monuments et panneaux rappellent la souveraineté revendiquée par l’Argentine sur ces îles.



Encore un de ces forcenés de cycliste


En approchant du sud de l’île, le terrain devient de plus en plus accidenté. Ushuaia est blottie derrière ce massif, au creux d’une baie sur le canal Beagle et à l’abri des cinquantièmes hurlants qui se fracassent un peu plus au sud sur le cap Horn.
On se sent un peu entre Canada et Norvège, entre montagnes et fjords. Les sommets ne sont pas très élevés, l’océan n’est pas loin, mais la rudesse du climat donne des airs de haute montagne au plus modeste de ces pics.

Chris : « Je suis le roi de Terre de Feu ! »
Tibo : « Fais la route à poil déjà, après on verra »
Chris : « Heu… je ne suis qu’un simple baroudeur ! »
Tibo : « Pleutre »




Et en fin de journée, nous parvenons aux portes de la mythique Ushuaia ! Nous l’avons fait ! Après 9 mois et 48 000 kilomètres de baroude du nord au sud des Amériques, nous voici rendus au point le plus austral du continent atteignable par la route. Quand même, ça fait quelque chose non ?
Que de chemin parcouru, de routes empruntées, de pistes apprivoisées, de tours, détours, rencontres, péripéties, contre-temps, pour finalement atteindre un des bouts du monde : Ushuaia !

Porte de la ville

Petit rappel nationaliste




Ushuaia est une petite ville (plus de 50 000 habitants tout de même) agréable, avec quelques petits quartiers charmants, lovée au fond d’une baie à l’abri de la furie des mers du sud.
Nous prenons nos quartiers dans une auberge qui n’arbore pas d’enseigne mais dont le nom et l’adresse tournent chez les motards. Momo’s, une de ces auberges qui accueillent les motos et qui est probablement la moins chère de la ville. Car Ushuaia connaît une affluence touristique croissante, et les prix des logements sont relativement élevés.
Dans la soirée, nous sommes heureux de voir débarquer Juan et Azahara, qui se sont avalés dans la journée et sur leurs petites 150 les presque 400 kilomètres de route depuis le ferry.
Et le lendemain, c’est au tour des belges de parvenir au bout du monde à bord de Carlos le combi. Nous voici réunis à nouveau, et fêtons fièrement notre bel accomplissement avec un copieux asado, non sans nous être au préalable rendus au bout de la route toucher le panneau qui indique officiellement la fin de la ruta nacional 3.

Alors voilà, ça c’est fait. Bon, et qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Nous n’avons pas vraiment le temps de nous endormir sur nos lauriers ou de fêter un mois durant notre arrivée à Ushuaia. D’une part parce qu’on ne trouve que peu de lauriers à Ushuaia, d’autre part parce que le bout du monde c’est sympa, mais ce n’est pas non plus la fin de la Big Baroude ! Nous avons encore pas mal de route et, si nous avons bénéficié de belles journées à Ushuaia, il est palpable que l’été tire à sa fin et que les frimas de l’hiver approchent à grand pas. Winter is coming, comme ils disent en Angleterre (et à Westeros, mais là c’est encore autre chose).

Et sauf à utiliser un autre moyen de transport que nos motos, il ne nous est pas possible d’aller plus au sud, il ne nous reste donc plus qu’à changer de cap de 180 degrés. Plein nord.
Cap au nord ? Wouah, cela fait combien de temps que nous n’avons pas mis cap au Nord ? Voyons, voyons. Ah non, nous n’avons encore jamais mis cap au nord, c’est une première…

Tibo profite d’une escale au bout du monde pour changer son kit chaîne. On ne peut pas dire qu’il soit allé le chercher au plus près celui-là. Malheureusement, le tarif aussi est du bout du monde…

Juan et Romaric




Les motos au Momo’s, petit hostal biker friendly d’Ushuaia


Oui, il y a une (très petite) station de ski à Ushuaia

L’heure est venue de dire au revoir aux belges, qui remonteront dans quelques jours au Chili et que nous n’avons que peu de chances de croiser à nouveau, sauf plus tard en Europe. Nous faisons également nos au revoir aux espagnols, qui restent un jour ou deux de plus que nous. Nous partons devant eux, mais qui sait si nous ne nous retrouverons pas plus tard ?

C’est donc bien avec une pointe de nostalgie que nous quittons Ushuaia pour nous diriger à présent au nord. Non seulement nous avons dit au revoir aux copains, mais nous savons que dorénavant chaque kilomètre parcouru nous éloignera un peu plus des vastes terres sauvages du sud pour nous rapprocher inexorablement des grandes villes du nord, de la « civilisation », et de la fin de l’aventure… Aller, haut les coeurs ! Nous avons encore quelques mois de baroude devant nous, pas mal de route, et nombre de belles choses à voir. Alors en route, a delante !

Le vent, l’ennemi invisible du motard


Flamands roses à l’heure du repas

Un seul ferry par jour assure la traversée entre la Terre de Feu et Punta Arenas. Il en existe d’autres au nord mais nous empruntons le même qu’à l’aller car de Punta Arenas, nous comptons bien visiter quelques parcs naturels du sud des Andes que nous avons dû remettre à plus tard lors de l’affaire de l’embrayage. Nous atteignons Porvenir, la petite bourgade en face de Punta Arenas en fin de journée et trouvons à nous loger chez une sympathique petite mamie en attendant le ferry du lendemain. Amusant, parmi les dernières entrées de son registre (elles ne sont pas nombreuses), nous trouvons les noms de Mathieu et Pamela, passés par là quelques jours plus tôt.

Porvenir








A peine débarqués du ferry, nous fonçons chez Alejandro, le mécanicien de Punta Arenas le plus connu des motards voyageurs, pour changer nos pneus. Nous repartons deux jours plus tard, après quelques nuits supplémentaires dans l’auberge d’Eduardo à attendre une journée moins pluvieuse pour prendre la route.
Nous aurions aimé randonner quelques jours dans le parc naturel Torres del Paine, mais nous nous pointons un peu tard dans la saison et le temps est de plus en plus frais. Nous nous contenterons donc d’une balade en moto sur la piste qui traverse le parc et qui offre de beaux panoramas sur les fameuses tours de granit, emblèmes du parc.
Lorsque nous nous engageons sur la piste, le ciel, dégagé jusque là, paraît cependant bien couvert au-dessus des massifs…

Torres del Paines






En cette fin de saison, nous avons eu écho d’autres motards qui sont entrés dans le parc sans payer. Il n’y a effectivement pas grand monde à l’entrée du parc et nous ne nous sommes nous-même pas attardés trop longtemps pour demander ce qu’il en était. Nous pensons donc un instant nous être fait coincés lorsqu’un carabinero chilien, l’équivalent de nos gendarmes, nous interpelle au croisement d’un chemin à bord de sa moto cross 125 centimètres cubes de service.
« Buenas tardes monsieur le carabinero ! Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous ? »
« Buenas tardes les motards. Dites-moi, vous avez des outils avec vous ? Parce qu’on a une moto en rade, et on ne sait pas quoi faire. Notre baraquement est juste là. Vous pouvez venir jeter un coup d’oeil ? »
Et voilà comment on se retrouve à bricoler une moto de carabinero chilien !
Le bonhomme avait réussi à coincer un gros fil de fer dans la chaîne et le pignon, ce qui a eu pour effet d’enrouler la chaîne autour du dit pignon et de bloquer le tout.
Nos outils ne nous paraissent pas d’une grande aide dans ce cas-là. Mais alliant l’astuce du baroudeur et la force brute du carabinero, nous réussissons finalement à échafauder un plan.
Tibo & Chris : « Bon les gars, c’est le bordel votre truc là. Voilà ce qu’on peut tenter : le plus lourd d’entre vous va sauter de tout son poids et avec la rage du désespoir sur la chaîne pendant qu’on tient la moto. Avec un peu de chance, ça débloque le tout, arrachant éventuellement un bout de guide en plastique mais au point où vous en êtes c’est accessoire. »
Les carabineros : « ouais, ça nous paraît bien ça. »
Et voilà, au bout de quelques tentatives, c’est débloqué ! La chaîne débarrassée du corps étranger et remontée, la moto est prête à reprendre du service.
Quant à nous, nous avons droit à un café et quelques biscuits pour service rendu à la patrie. Les carabiniers sont très sympas, mais nous faisons néanmoins en sorte d’éloigner le plus possible la discussion du sujet des droits d’entrée dans le parc, sait-on jamais. De toute façon, nous ne nous attardons pas plus que nécessaire, nous avons les Torres à aller voir.

Et tout à coup, au détour d’un virage, pan ! Le panorama exceptionnel des grandioses tours de granit… a failli s’offrir à nous ! On commençait à s’en doutait fortement, là c’est confirmé : le massif est complètement bouché par les nuages…


Nous n’avons pas droit pour cette fois au spectacle des torres, mais la balade vaut le coup, les paysages sont splendides.


Croisé sur la piste du parc : un argentin en vacances. Trop regarder le Dakar peut énerver, voire nuire à la longévité de son véhicule.

A la recherche de la base d’un arc-en-ciel

Après cette belle balade et, malgré tout, ce rendez-vous manqué avec les Torres del Paine, nous campons dans un petit village non loin de la frontière argentine. Le lendemain, nous remontons côté argentin la cordillère jusqu’au village de El Chalten, base de départ pour randonner dans le massif qui abrite une autre montagne célèbre : le Fitz Roy.
Nous arrivons en fin d’après-midi sous un ciel ténébreux et tragique, les rayons du soleil transperçant la couverture nuageuse pour baigner la pampa d’une lumière irréelle. C’est beau, mais n’augure pas de très grandes chances de pouvoir bénéficier d’un ciel dégagé le lendemain pour randonner aux abords du Fitz Roy…

Départ de randonnée

La vallée s’enfonce dans les nuages…

Le début de la vallée en contre-bas : village de El Chalten


Chris renaît du giron de la forêt… Mouais…


Et… Ta da ! Le panorama exceptionnel du majestueux Fitz Roy… a failli s’offrir à nous ! Mais bon, non, c’est bien bouché là. Nous hésitons cinq minutes à continuer quelques kilomètres plus près du massif. Mais les nuages qui en descendent rapidement, apportant avec eux froid et pluie nous convainquent du contraire. Nous faisons une petit boucle sous la pluie pour nous rapatrier au village sans traîner. Cette vallée et ce massif ont quasiment un climat qui leur est propre, difficile à prédire, venteux, variable, tourmenté. Les quelques alpinistes assez expérimentés et fondus pour tenter l’ascension du Fitz Roy patientent souvent de longues semaines avant d’avoir une fenêtre météorologique favorable pour se lancer à la conquête de son sommet. Malgré ses 3 405 mètres « seulement » d’altitude, la difficulté technique et les conditions météo extrêmes font d’ailleurs du Fitz Roy l’une des montagnes les plus dures au monde.



Après avoir campé deux nuits à El Chalten, nous sentons plus que jamais que l’hiver est à nos trousses. Nous avons passé la dernière nuit sous la pluie et il n’a pas fait très chaud. Et pour cause, on remarque en se levant que 300 mètres au-dessus de nous dans les montagnes c’est de la neige qui est tombée. Il est vraiment temps de nous rendre dans des contrées plus clémentes…
Pour l’heure nous nous équipons « full barda », c’est-à-dire que nous revêtons nos vêtements les plus chauds.


En quittant El Chalten, nous remarquons que la petite station essence à la sortie de la ville est à court d’essence. Pas grave, nous avons de quoi nous rendre à la prochaine un peu plus au nord. Mais rendus à la station suivante quelques 120 kilomètres plus loin, il n’y a pas d’essence non plus. Voilà autre chose… Nous rencontrons un couple suisse qui voyage en 4×4. Ils sont arrivés une heure avant nous et on leur a dit que le camion citerne était attendu dans l’après-midi. Bien. Nous patientons. Puis, parlant nous-mêmes avec les personnes de la station, nous comprenons que cela fait neuf jours qu’ils sont à sec et que le camion citerne promet qu’il sera là le lendemain. Ah, là c’est autre chose. Nous voici bloqués à attendre un hypothétique camion citerne.

L’ironie du sort veut que ce soit à Tres Lagos, le village où nous avions été bloqués en descendant vers le sud, et à proximité duquel l’embrayage de la V-Strom avait lâché ! Ce maudit village, tel un vortex malfaisant, cherche à retenir prisonnier la Big Baroude !
Mais pas de panique. Voyant que le camion n’arriverait pas encore aujourd’hui, nous finissons par payer une visite à notre pote « El Turco », celui-là même qui avait sorti nos motos de l’enfer de boue dans lequel nous nous étions fourrés quelques semaines plus tôt. Ces pénuries d’essence dans les stations de Patagonie n’étant pas des situations rarissimes, nous nous doutons que les villageois doivent avoir des stocks, sinon d’autres sources d’approvisionnement. Et s’il y a bien quelqu’un qui sait où trouver de l’essence dans ce foutu bled, c’est bien « El Turco ».

Et bingo ! El Turco nous conduit chez quelqu’un qui semble avoir de quoi approvisionner le village pour des mois. On exagère à peine. L’addition est simplement deux fois plus cher qu’en station. Plus de doutes possibles, ce foutu bled de Tres Lagos est bel et bien une pompe à aspirer le fric des baroudeurs à la dérive.
Mais bon, nous avons de l’essence. Il est tard maintenant et décidons de camper pour la nuit à côté de la station. Le lendemain,nous sommes prêts à reprendre la route quand Steph, une motarde galloise, débarque à la station en quête d’essence. Elle a de la chance que nous soyons encore là, nous lui refilons quelques litres car le gars du village nous avait prévenu qu’il ne serait pas là aujourd’hui avant la fin d’après-midi. Après avoir roulé en Antarctique avec sa petite Honda (!), elle devrait être en mesure de poursuivre sa route au nord.
Nous prenons pour notre part la route de l’est. Nous souhaitons désormais laisser l’hiver derrière nous et remonter dans des contrées plus douces, non sans faire un petit détour par une forêt pétrifiée dont on nous a parlé en chemin, et visiter la péninsule Valdez sur la côte atlantique.

Steph (www.onestephbeyond.com)

Les suisses Peter et Nicole

La Patagonie : de la pampa, de la pampa, et encore de la pampa

En direction de la forêt pétrifiée


La forêt pétrifiée, de grands arbres préhistoriques recouverts par les cendres volcaniques lors de l’érection de la cordillère des Andes. Le temps les a fossilisé, et l’érosion nous offre aujourd’hui de les admirer.





Après cette balade dans la préhistoire, nous reprenons la route en direction de la péninsule Valdez.

Un peu plus de pampa

Pampa avec nandous

Deux argentins fous en tracteur. Ils font l’aller retour depuis le nord de l’Argentine jusqu’à Ushuaia à bord de leur tracteur des années cinquante qui pisse littéralement l’huile de toute part, au rythme lancinant du moteur qui tourne à 700 tours minute…

Puerto Pyramide, péninsule Valdez

Nous avions un campement tranquille, jusqu’à ce que cette tribu d’une dizaine d’argentins ne déboule avec leur vieux camtar mercedes et nous gratifie de quelques dizaines de minutes de diesel dans les narines… Le temps de charger des batteries paraît-il. Ouais, tu veux pas aller les charger ailleurs tes batteries toi et ton gros diesel dégueulasse ?


La péninsule Valdez est un sanctuaire pour des espèces marines telles que le pingouin de Magellan, les phoques, les lions de mer et les éléphants de mer. Cerise sur le gâteau, des baleines passent dans le coin et les orques viennent même chasser les phoques sur la plage de manière impressionnante : ils profitent de la marée haute pour venir s’échouer sur la plage et cueillir une pauvre proie là où elle se croit le plus en sécurité. `

Hmmm ?


Tu veux ma photo ?

Bain de soleil pour les phoques

Pareil pour les lions de mer



Il faut avoir un peu de chance pour voir des orques, même pendant la saison. Jamais deux sans trois, nous n’avons vu ni les Torres del Paine, ni le Fitz Roy, et pas plus les orques ! On ne peut pas avoir de la chance tout le temps.
À la place, nous avons rencontré ce drôle de petit bonhomme.

Nous quittons la péninsule Valdez et tirons droit au nord. Nous avons pris ces derniers jours la mesure d’une grande partie du sud de l’Argentine. Des territoires immenses, vides, où la pampa paraît sans fin. Mais peu à peu le changement s’amorce. La pampa tourne au vert, l’élevage est de plus en plus présent, puis la pampa elle-même cède la place aux cultures de pomme de terre, puis aux céréales et même à quelques champs d’oliviers.
Le climat finit par se radoucir, nous ne sommes plus qu’à quelques encablures de Buenos Aires. Après avoir beaucoup roulé, dormi sous la tente trop longtemps, notre prochaine étape se fera dans la capitale argentine. Un peu de repos, de visites, de fiestas, avant d’entamer une ultime boucle au nord qui nous ramènera au même endroit d’ici un bon mois pour l’organisation du retour des hommes et des machines dans leur pays d’origine.
Mais d’ici là, allons faire un petit tour en Uruguay et au Brésil !





Sam et Aurélie


Bookmarquez le permalien.

3 Comments

  1. Vous l’avez fait… Merde alors le bout du monde…Encore merci.

  2. ohhhhhh! merci.
    les photos sont superbes, les cieux étranges et immenses…j’ai un petit pincement et un frisson en voyant ce bout du monde. merci encore.
    belle route à vous!
    j’attends le Brésil avec impatience!

  3. Le camping club 24 aout, il est pour moi celui-là !! À recommander n est-ce pas ? On l a attendu cet article, ça fait plaisir de vous lire, toujours autant de bonheur ! Big Bisous

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